Virginie Pochebonne, créatrice de H8LI

Virginie Pochebonne, créatrice de H8LI

Publié par Noémie Pauquet le

 

QUI ES-TU ?

Je suis une mère de 3 enfants, épouse d’un mari extrêmement actif, et nous sommes tous les deux en mouvement dans beaucoup, beaucoup de projets. Moi, le projet qui m’anime le plus sur le plan développement personnel et accomplissement de moi-même, c’est cette marque H8LI que j’ai fondée en 2017. J’habitais à Bordeaux et en allant dans le Tarn-et-Garonne, je suis allée voir une mégisserie sans très bien savoir où je mettais les pieds et je suis complètement tombée sous le charme de cette matière. L’aventure a démarré comme ça!

 

QUEL A ÉTÉ TON PARCOURS AVANT L'AVENTURE H8LI ?

Avant l’aventure H8LI, je travaillais dans la mode pour une marque qui avait un corner à la Samaritaine. C’était les débuts des histoires de corners, les balbutiements des marques qui avaient leur espace propre dans les grands magasins. Donc, j’ai travaillé pour cette marque qui faisait des chemises pour hommes, et pour la marque « KookaÏ » à son démarrage.

Puis, je me suis mariée et je suis partie vivre à Bordeaux où j’ai élevé mes enfants et pendant ce temps-là, j’ai fait autres choses. Notamment, j’ai monté une association qui s’appelait « L’Atelier De Soi » qui était un lieu pour les femmes pour prendre soin d’elles quand elles étaient en difficulté. On avait une équipe de bénévoles et avec cette équipe de bénévoles, on aidait les femmes en difficulté à se remettre sur les rails pour trouver un boulot et le chemin de l’autonomie.

 

COMMENT T'ES VENUE L'IDÉE DE LANCER H8LI ?

L’idée m’est venue au moment des attentats du Bataclan. La télévision était allumée, les images qui défilaient sous mes yeux d’abord étaient atroces, mais en plus de ça étaient en noir et blanc, c’est-à-dire que tous les gens étaient habillés en gris dans les rues de Paris. Moi, je suis d’une famille avec des personnages un peu hauts en couleur parce que j’avais des tantes qui étaient des égéries de couturier. J’étais assez marquée dans mon enfance par des personnalités de femmes qui portaient très fortement les couleurs. Et j’ai eu très très envie de créer une marque de vêtements pour femmes, qui soit une marque qui introduise dans le vestiaire les couleurs. Parce qu’elles ont une valeur spirituelle et, à mon avis, vibratoire. Ce n’est pas rien d’assumer de porter un orange quand on est avocate et qu’on va à une grosse réunion de boulot.

Le point de départ c’est l’envie profonde, intime de créer de la couleur. Ensuite, le support qui s’est imposé à moi, c’est cette matière à laquelle je ne trouve aucun équivalent parce que c’est une matière qui est extrêmement noble. C’est du mouton, une race de mouton très particulière, ce sont des « entrefinos ». Les peaux sont acheminées dans le Tarn-et-Garonne, après que les moutons aient été élevés pour la filière alimentaire. Plutôt que de les incinérer, on les achemine dans une petite ville qui s’appelle « Graulhet » où existe une tradition de mégisserie. Les mégissiers, c’est comme les tanneurs mais pour les moutons. Et ils transforment cette matière naturelle en quelque de chose de très moderne et sophistiqué puisqu’elle devient stretch. C’est naturel, ce n’est pas du faux. On travaille de la peau avec des bains acide basique pour ouvrir les pores de la peau, ensuite il y a un collage d’une toile coton et lycra. Ensuite, la peau comme elle a était préparée, elle est capable d’épouser l’élasticité de la toile. Ces peaux-là, si elles n’étaient pas transformées, elles seraient incinérées. Elles sont transformées à la mégisserie en une matière incomparable. Puis j'entre en scène à ce moment de l’histoire car ce n’est pas moi du tout qui ai inventé ça, c’est un brevet français. Moi ce que je fais c’est quand je vais dans le Tarn, je travaille les couleurs et j’essaie de faire des collections de coloris qui soient un peu différentes des autres avec cette matière-là. Ensuite, les peaux sont acheminées au Portugal à Porto où là, un atelier de confection les transforme en pantalons, en vestes, en différents vêtements que je travaille en amont avec une modéliste qui fait les patrons.       

 

TA JOURNÉE TYPE ?

J’arrive au Showroom pas très tôt car je suis pas très lève-tôt. Donc j’arrive plutôt vers 10h et en général ma journée est non-stop. Je suis entrain d’étiqueter, d’inventorier, d’organiser des pop-ups, des ventes privées, des événements… J’aime énormément aussi travailler avec de la musique. D’ailleurs je n’exclus pas de créer des playlists, c’est-à-dire que je fais beaucoup ça et je vais peut-être le faire sous le nom H8LI. J’ai eu l’occasion de le faire pour un défilé qui était organisé pour ma marque et j’ai beaucoup travaillé la musique et je trouve qu’il y a quelque chose d’extrêmement complet de travailler la matière et la musique en même temps.

 

TA PIÈCE COUP DE COEUR ?

Pour moi le pantalon le plus extraordinaire que j’ai fait, c’est peut-être pas le coup de cœur car j’ai du mal à en choisir un, j’ai fait un pantalon tie & dye. Et ça faire du tie & dye avec des peaux c’est très compliqué parce qu’on ne nous livre pas des rouleaux de tissus mais on nous livre des peaux. Moi, j’achète les peaux en pieds carré. On a pris peau par peau, on a mis des élastiques tous les 10 centimètres et on a teint les peaux en tie & dye. Honnêtement, sur coton, ce n’est pas un exploit, mais sur la peau, c’est un exploit ! 

Avec un bon pull bleu marine très sobre et des petites boots, il est génial ce pantalon. Mon coup de cœur, je ne sais pas, mais c’est le plus hors du commun que j’ai fait.

 

OÙ TROUVES-TU L'INSPIRATION DANS LA CRÉATION DE TES COLLECTIONS ?

Alors, je trouve beaucoup d’inspiration dans la décoration, dans les tissus, dans la peinture… J’ai tous les nuanciers de tous les éditeurs de peinture parce que c’est assez subtil et en général les coloris sont déjà très travaillés et ils parlent bien de la subtilité de couleur que je recherche. C’est-à-dire que je suis pas du tout couleur primaire, j’aime bien les couleurs déjà un peu travaillées : qui ne sont pas des vrais jaunes, pas des vrais bleus, pas des vrais verts. Quelques fois j’arrive avec des pots d’encre de Chine ou des échantillons de pots de peinture. J’aime aussi beaucoup les fils de coton DMC, les fils à broder, les fils de tapisserie. C’est aussi une forme de peinture et donc je cherche beaucoup dans les brocantes des vieux stocks de fils de tapisserie qui soient justement un peu anciens, parce qu’il y a des couleurs qu’on fait plus qui m’intéressent beaucoup.

 

TON PLUS BEAU SOUVENIR JUSQUE ICI ?

Mon défilé. C’était la première fois que j’organisais un défilé. Ce défilé a eu lieu à Saint-Paul-de-Vence. Le moment où on a envoyé la musique très fort et où moi j’étais cachée dans le jardin, on ne me voyait pas, mais moi je voyais les gens et les les mannequins portaient mes créations, mes couleurs et ma musique. Bah je crois que franchement c’est un très très beau souvenir, en dehors de la naissance de mes enfants, souvenirs amoureux, mais sur le plan professionnel je crois que c’est mon plus beau souvenir. Il s’est déroulé fin Août 2021 et je n’exclus pas d’en faire d’autres.

 

Retrouvez la marque H8LI sur https://h8li.paris/ 

 

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